« Quand je voyais les sans-abri dans la rue, je ne retrouvais pas le sens de la phrase « la dignité de l’homme est intangible ». Je n’avais pas de contact avec les hommes, il m’était impossible d’entrer en contact avec eux. J’avais l’impression qu’ils n’avaient plus de valeur, qu’ils étaient proscrits de la société.
Quand la Stëmm vun der Strooss a été fondée, j’ai immédiatement saisi l’occasion d’y travailler comme bénévole. Ici, j’ai rencontré des gens qui n’étaient pas, à proprement parler, des sans-abri, mais qui se trouvaient dans des conditions de vie difficiles. Néanmoins, nombreux sont ceux qui, en dépit de leur situation, gardaient le sens de l’humour. Je ris beaucoup ici. J’y ai des conversations profondes sur la vie, la politique et les opinions philosophiques, comme on n’en entend que rarement dans un café « normal ». Ici, je suis toujours très respectée, on m’accueille sans préjugés, on est un Homme parmi les Hommes ».
Joséanne,57 ans
« Je fréquente la Stëmm depuis six ans déjà. Gast, mon fils, m’y a introduit. Je me suis déjà beaucoup querellée avec des femmes de mon âge parce que je fréquente « de telles gens ». Je suis contente d’eux, ce sont mes amis. Les gens sont francs et cela me plaît. Ils ont tous beaucoup de problèmes, mais ils restent de bonne humeur. Qu’est-ce qu’on a ri ici ! Jamais personne n’a été insolent avec moi. Je viens ici avec plaisir ».
Michelle, 84 ans
« Je suis venu à la Stëmm par l’intermédiaire d’un ancien collègue. J’ai travaillé dans une banque et je me suis dit, à l’âge de la retraite, tu feras tout autre chose, et ce, à titre bénévole. Tous mes collègues n’ont pas réagi positivement face à mon travail à la Stëmm. En revanche, de nombreux proches m’ont félicité. La première fois que je suis venu ici, je ne savais pas comment les gens allaient réagir. Je pensais qu’ils seraient peut-être agressifs. Mais cela n’a absolument pas été le cas. Personne ne connaissait vraiment mon rôle. « Ah, voici un nouveau ! » Personne ne savait que j’étais un bénévole. Entre-temps je suis devenu l’un des leurs. »
Nico, 67 ans